Voici une analyse de la situation actuelle en France concernant la production agricole (œufs, fruits et légumes)

,les causes du recul, les risques futurs pour les consommateurs, et surtout des pistes concrètes pour nous soutenir…nous les producteurs locaux !

1) La « pénurie » d’œufs en France : est-ce réel ?

Non, pas une pénurie structurelle au sens strict, mais des tensions d’approvisionnement dans les rayons qui peuvent donner cette impression. Plusieurs facteurs expliquent cela : La consommation d’œufs augmente rapidement (+8 % en chiffre d’affaires récemment, et un Français consomme environ 226 œufs/an) : plus qu’il y a 20 ans. Source Consoglobe

Le marché français dépend partiellement des importations et des changements dans les méthodes d’élevage, qui pèsent parfois sur la disponibilité locale. Source Réussir

Ces tensions peuvent être accentuées ponctuellement par des problèmes logistiques ou de distribution.

Conclusion : il n’y a pas de rupture durable des stocks, mais plutôt une pression accrue entre consommation, production locale et approvisionnement externe.

2) Pourquoi on importe des légumes (tomates, fraises…) même quand on peut les produire ici ?

Plusieurs causes concomitantes expliquent la dominance des importations (Espagne, Maroc notamment) :

A. Compétitivité prix : Les tomates et certains fruits/légumes importés sont souvent moins chers que ceux produits en France, notamment en raison du coût du travail (7€ par jour au Maroc !) et des aides structurelles différentes. Source le360

B. Production saisonnière : La France ne produit par exemple pas suffisamment de tomates toute l’année : sa production couvre environ 480 000 t/an pour une consommation d’environ 700 000 t/an, ce qui oblige à importer, particulièrement en hiver. Mais pourquoi donc manger des tomates en hiver ? Source bladi.net

C. Déficit structurel : Le déficit commercial en fruits et légumes s’est creusé ces dernières années : la France importe beaucoup plus qu’elle n’exporte sur ces produits, avec une tendance à la hausse des volumes importés depuis 20 ans. Source agriculture.gouv.fr

D. Règlementations et marché global : Certaines règles d’étiquetage et de concurrence rendent difficile la mise en avant des produits français et créent parfois de la confusion pour les consommateurs. L’État mène cependant des contrôles accrus contre la « francisation » trompeuse. Source agriculture.gouv.fr

3) Pourquoi la France produit moins : causes profondes

A. Évolution des modèles agricoles : Depuis plusieurs décennies, une industrialisation et concentration des exploitations autour de gros volumes rend difficile la survie des petites fermes plus traditionnelles et nourricières.

B. Coût de production élevé : Coûts du foncier,  de la main-d’œuvre. Et pourtant nos salaires ne sont que de 1600 à 2000€ nets par mois. Est-ce trop ?

C. Changement climatique : Les variations climatiques (sécheresse, gel, tempêtes) pèsent sur les rendements agricoles en Ile de France (comme dans d’autres régions et pays). Pour autant notre région est potentiellement très productive et ces dernières années, nous avons pu produire des cultures sur des saisons à rallonges : aubergines en juin, tomates en novembre,…Nous devrons nous adapter à ces changements, pas si catastrophiques ici, parfois bénéfiques.

D. Dépendance globale et modes de consommation : Les consommateurs veulent des légumes toute l’année et à bas prix – ce que la production locale saisonnière a du mal à satisfaire sans structures de stockage ou de production sous serres étendues.

4) Devons-nous nous inquiéter pour l’avenir des consommateurs ?

Oui, si l’on ne réagit pas collectivement, plusieurs risques sont à considérer :

Une dépendance accrue aux importations (avec les aléas géopolitiques, climatiques, logistiques que cela implique) pourrait fragiliser l’accès à certains produits.

Une baisse de la production locale augmente la vulnérabilité face à des crises internationales (pénuries, flambées de prix).

La pression sur les petits agriculteurs risque d’augmenter si les politiques ne changent pas.

5) Solutions pour relancer une agriculture locale forte

Voici des leviers concrets pour soutenir la production en France, notamment en Île-de-France :

A. Soutenir économiquement les producteurs : Aides financières ciblées (investissements, modernisation, serres, irrigation économe en eau), Source Taste France

Fiscalité avantageuse pour les petites exploitations et pour l’installation de jeunes agriculteurs.

B. Faciliter l’installation et la transmission : Encourager les jeunes agriculteurs à s’installer avec des accompagnements, formations, prêts à taux réduits.

Simplifier la transmission des fermes, notamment en  Île-de-France où le foncier est cher : baux agricoles, coopératives foncières. Source Terre de Liens

C. Structures de production innovantes et simples : Serres innovantes (bio-contrôlées simplement, moins énergivores) pour produire à l’abri des intempéries.

Agri-équipements partagés en coopérative (machines, stockage, transformation) pour réduire les coûts.

D. Renforcer les circuits courts : Développer la vente à la ferme est le meilleur moyen de retrouver vos produits…simplement fermiers, simplement locaux !

Il serait utile aussi d’encourager les cantines scolaires, hospitalières à préférer les produits locaux avec des labels clairs.

E. Étiquetage et information du consommateur : Renforcer la transparence des origines et des conditions de production : plus d’informations = + d’achats responsables.

F. Recherche & adaptation : Remettre en route la recherche agricole publique et privée pour adapter les cultures au changement climatique, économiser l’eau et augmenter les rendements locaux.

En résumé : La France n’est pas en situation de catastrophe alimentaire, mais la production locale recule dans nos secteurs  des fruits, légumes, œufs.

Des politiques publiques volontaristes avec des orientations claires pourraient protéger réellement les producteurs français au service des consommateurs.

Un engagement citoyen de chacun d’entre vous pourrait renverser la tendance et renforcer une agriculture locale dynamique.

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